Le coucher du soleil, Op. 2 no. 1

Hector BERLIOZ (1803-1869)
Text: Thomas Gounet (1801-1869)

Que j’aime cette heure rêveuse,
Où l’horizon devient vermeil,
Où dans la mer silencieuse
Se plongent les feux du soleil!

Alors dans mon ‚me ravie
Se bercent les doux souvenirs;
Alors vers l’astre de ma vie,
Du soir s’envolent les soupirs.

En voyant l’écharpe brillante,
Qui de ses lumineux réseaux
Couvre la plaine scintillante,
Et fait disparaître les eaux,

Vers ces régions radieuses
Je voudrais prendre mon essor.
N’est-il pas des îles heureuses
Que dérobent ces voiles d’or?

February 17th, 2005   |  Permalink  |  Filed under: Berlioz, Hector

La belle voyageuse, Op. 2 no. 4

Hector BERLIOZ (1803-1869)
Text: Thomas Gounet (1801-1869)

Elle s’en va seulette;
L’or brille à son bandeau;
Au bout de sa baguette
Etincelle un joyau.

Mais sa beauté surpasse
L’éclat de ses rubis.
Et sa blancheur efface
La perle au blanc de lys.

Belle, ainsi sans injure
Penses-tu voyager?
Ta beauté, ta parure
Appellent le danger.

Les mains les plus fidèles
Tressaillent devant l’or,
Et les coeurs près des belles
Tiennent bien moins encor.

Chevalier, dans cette île
Mon ‚me ne craint rien;
L’honneur en cet asile
Est le souverain bien.

Toujours devant nos larmes
On le vit s’arrêter.
Pour mon or ou mes charmes
Que puis-je redouter?

Aux regards découverte,
Son souris virginal
Par toute l’île verte
Lui servit de fanal.

Aussi l’as-tu bénie,
Des harpes doux pays,
Celle qui se confie
¿ l’honneur de tes fils.

February 17th, 2005   |  Permalink  |  Filed under: Berlioz, Hector

L’origine de la harpe, Op. 2 no. 7

Hector BERLIOZ (1803-1869)
Text: Thomas Gounet (1801-1869)

Cette Harpe chérie, à te chanter fidèle,
Était une Sirène, à la voix douce et belle.
On l’entendait au fond des eaux;
Aux approches du soir, glissent sur le rivage,
Elle venait chercher, couverte d’un nuage,
Son amant parmi les roseaux.

Hélas! elle aimait seule, et ses larmes brillantes
Baignèrent bien des nuits ses tresses ondoyantes,
Doux trésors à l’amour si chers.
Mais une flamme pure au Ciel est précieuse.
Il transforma soudain en Harpe harmonieuse
La plaintive vierge des mers. En contours gracieux

Tout son corps se balance;
Sur sa joue on croit voir un rayon d’éspérance,
Et son sein palpiter encor.
Ses cheveux, dégagés du flot qui les inonde,
Recouvrent ses bras blancs qui ne fendront plus l’onde
Et deviennent des cordes d’or.

Aussi pendant longtemps cette Harpe chérie
Disait-elle à la fois la sombre rêverie,
Et d’amour les plaisirs discrets.
Elle soupire encor la joie et la tristesse:
Quand je suis près de toi, les accords d’allégresse;
Loin de toi, le chant des regrets.

February 17th, 2005   |  Permalink  |  Filed under: Berlioz, Hector

Adieu Bessy, Op. 2 no. 8

Hector BERLIOZ (1803-1869)
Text: Thomas Gounet (1801-1869)

Loin de toi, loin de toi, Bessy, mes amours,
Je vais traîner mes triste jours.
Plaisirs passés, plaisirs passés,
Que je déplore,
Auriez-vous fui pour toujours?

Adieu Bessy! adieu Bessy!
Nous nous verrons encore!
Ces beaux jours doivent revenir.
Reposons nous sur l’avenir:

Alors, alors le mal qui nous dévore
Ne sera qu’un souvenir.
Adieu, Bessy! adieu, Bessy!
Nous nous verrons encore.

Je croyais, je croyais, te donnant ma foi,
Pour toujours vivre près de toi.
Notre amour, à peine à l’aurore,
Du destin subit la loi.
Adieu, Bessy! adieu, Bessy!
Nous nous verrons encore.

Pour mon coeur brisé désormais
Plus de calme, de douce paix!
Une heure, une heure, et celui qui t’adore
T’abandonne pour jamais.

Oh! non, Bessy! oh! non, Bessy!
Non, non, non, nous nous verrons encore.
Adieu!

February 17th, 2005   |  Permalink  |  Filed under: Berlioz, Hector

Élégie en prose, Op. 2 no. 9

Hector BERLIOZ (1803-1869)
Text: Louise Swanton-Belloc (1796-1881)

Quand celui qui t’adore n’aura laissé derrière lui que
le nom de sa faute et de ses douleurs, oh! dis, dis, pleureras-tu
s’ils noircissent la mémoire d’une vie qui fut livrée
pour toi. Oui, pleure, pleure! et quel que soit l’arrêt de mes
ennemis, tes larmes l’effaceront; car, le ciel est témoin que,
coupable envers eux, je ne fus que trop fidèle pour toi.

Tu fus l’idole de mes rêves d’amour, chaque pensée de ma
raison t’appartenait: dans mon humble et dernière prière
ton nom sera mêlé avec le mien.

Oh! bénis soient les amis, oui, bénis soient les amans
qui vivront pour voir les jours de la gloire; mais après cette
joie, la plus chère faveur que puisse accorder le Ciel, c’est
l’orgueil de mourir pour toi.

February 17th, 2005   |  Permalink  |  Filed under: Berlioz, Hector

Thomas Hampson
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